Nous, juristes africains, profondément préoccupés par la situation dramatique aux plans politique, économique et social dans laquelle vit la majorité des populations africaines alors que ce beau continent regorge d’immenses atouts humains et de ressources naturelles susceptibles de combler tous les besoins fondamentaux des peuples africains ;
Considérant que la patrimonialisation du pouvoir conduit à la mauvaise gouvernance et à la déliquescence des Etats africains tout en perpétuant l’ignorance des règles et valeurs tant universelles qu’africaines;
Considérant que le développement harmonieux et durable du continent ne peut être réalisé sans la connaissance et la mise en œuvre effective du droit aux niveaux continental, régional et national selon la volonté des peuples africains;
Convaincus que seules cette connaissance et cette mise en œuvre du droit conduiront les Africains à bâtir une nouvelle Afrique telle qu’ils le désirent ;
Déterminés à œuvrer pour une meilleure visibilité et l’effectivité du droit sur le continent;
Nous nous engageons solennellement à mettre nos compétences juridiques et humaines au service de l’Afrique pour un changement profond et efficace des mentalités et conditions de vie sur notre continent.
Le Comité
Colonel de gendarmerie et de l’armée suisse, Alain Bergonzoli a consacré sa carrière au service de la sécurité publique depuis 40 ans. Directeur depuis 2009 de l’Académie de police de Savatan, institution intercantonale de formation policière initiale et avancée, au service des cantons de Vaud, Genève et Valais, ainsi que de corps fédéraux, il en a fait le centre de référence romand de la formation policière et un acteur reconnu de la coopération internationale en matière de sécurité publique. Sous sa direction, l’Académie s’est imposée comme le centre de référence national pour la formation des assistants de sécurité publique armés et non armés de Suisse romande. Il a conçu et dirigé plusieurs programmes de formation en Suisse et en Europe.
Alain Bergonzoli a également reçu plusieurs distinctions suisses et étrangères.
Membre du jury du Concours de plaidoiries « Droits de l’homme, cohésion sociale et moi » à l’intention de la jeunesse centrafricaine dont il est un fervent défenseur, le CEJA se réjouit de l’élection d’Alain Bergonzoli au poste de président du Comité car ses grandes connaissances pédagogiques et pratiques dans le domaine de la sécurité publique sont un atout pour la formation des forces de sécurité en Afrique.
Juriste suisse, Bernard Dénéréaz est depuis février 2017 le 1er Procureur au Ministère public de Lausanne et Procureur extraordinaire de la République et Canton de Genève. Il a également été Procureur au Ministère public Strada en charge de la lutte contre les stupéfiants, vols et brigandages de 2013 à 2017 et procureur au Ministère public de Lausanne de 2011 à 2013.
Bernard Dénéréaz a été juge d’instruction à l’Office d’instruction de Lausanne et juge d’instruction ad hoc à l’Office d’instruction de Vevey. Avant cela, il a été greffier et greffier substitut à Lausanne et Vevey.
Bernard Dénéréaz intervient également comme enseignant dans plusieurs programmes de formation à l’Académie de police de Savatan, à la Haute Ecole ARC – Ecole romande de la magistrature pénale, au Centre d’éducation permanente de l’Etat de Vaud, à la formation continue CAS « Justice et médecine » de l’Université de Genève. Il a également enseigné dans des programmes de formation au Burundi et en République Centrafricaine et est l’auteur de plusieurs publications sur le droit pénal.
Depuis 2024, Bernard Dénéréaz participe activement au Concours de plaidoiries « Droits de l’homme, cohésion sociale et moi » à l’intention de la jeunesse centrafricaine. Le CEJA se réjouit de son élection au poste de Vice-président et de sa volonté de mettre sa longue et riche expérience de juriste au service de la justice en Afrique.
Abdoulaye Nazaire Gnienhoun est juriste, politologue et Secrétaire du Centre d’Études Juridiques Africaines (CEJA).
Spécialiste du droit public, de la science politique et des droits économiques, sociaux et culturels, il conjugue une expérience universitaire, institutionnelle et de terrain. Ses travaux et ses engagements portent sur la protection des droits humains, la gouvernance démocratique et associative, le dialogue interculturel et les dynamiques d’inclusion sociale.
À travers ses fonctions au sein du CEJA, il contribue aux travaux des mécanismes des Nations Unies en matière de promotion et de protection des droits humains. Parallèlement, il exerce comme médiateur interculturel en Italie, où il accompagne les personnes migrantes et les mineurs étrangers non accompagnés.
Particulièrement engagé dans la prévention des discriminations et des violences fondées sur le genre, il développe également des initiatives de sensibilisation auprès du grand public, notamment à travers un podcast consacré à la lutte contre les féminicides et les violences de genre.
Juriste suisse, Elena Catenazzi est titulaire d’un Master en droit de l’Université de Neuchâtel, d’un Executive Master of Economic Crime Investigation (EMECI) et d’un Certificate of Advanced Studies en magistrature. Depuis plus de vingt ans, elle exerce des fonctions judiciaires en Suisse et à l’international.
Avant d’intégrer la magistrature, elle a acquis une solide expérience dans le secteur financier, développant une connaissance approfondie du fonctionnement des établissements bancaires, des mécanismes de conformité et de la prévention de la criminalité économique.
Elle a été juge d’instruction fédérale, procureure fédérale auprès du Ministère public de la Confédération et juge d’instruction internationale à la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine, où elle a dirigé des enquêtes importantes portant sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.
Spécialiste de la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et la criminalité économique, elle a également exercé au sein de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), créée sous l’égide des Nations Unies. Elle possède une vaste expérience de l’entraide judiciaire internationale, acquise dans le cadre de nombreuses procédures de coopération entre les autorités judiciaires de différents États.
Tout au long de sa carrière, elle s’est attachée à concilier l’efficacité de la justice avec le respect des droits fondamentaux. En République centrafricaine, elle s’est notamment engagée en faveur de l’amélioration des conditions de détention et de la protection des droits des personnes privées de liberté.
Au sein du CEJA, elle met son expérience au service de l’État de droit, de l’indépendance de la justice et de la coopération judiciaire internationale.
Yao Agbetse est un avocat togolais des droits de l’homme, chercheur et enseignant qui a consacré les 25 dernières années de sa vie à la justice et aux droits de l’homme, y compris les droits de l’enfant. Il a mis en œuvre des programmes de droits de l’homme au niveau national et a fourni des conseils juridiques et techniques pour l’élaboration et suivi des lois et politiques nationales relatives aux droits de l’homme, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), en République Centrafricaine (RCA), au Mali et au Togo. Il a créé un espace et des outils pour le dialogue et les efforts communs des acteurs étatiques et des organisations de la société civile (OSC). En RDC, en Côte d’Ivoire et au Mali, il a mis en œuvre des programmes de désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR), formé des chefs de l’armée et de la police et fourni un soutien aux titulaires de mandat et aux opérations des Nations Unies, notamment en participant au dialogue interactif au titre du point 10 lors des sessions du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. Il a fourni des informations factuelles de première main aux experts de l’ONU pour les aider à évaluer les défis relatifs aux droits de l’homme dans différents pays et formulé des recommandations spécifiques et réalisables pour garantir la responsabilité et l’accès à la justice.
De 2020 à 2025, Yao Agbetse a été Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique. Grâce à son soutien, le CEJA a pu lancer depuis 2023 le Concours de plaidoiries « Droits de l’homme, cohésion sociale et moi » à l’intention de la jeunesse centrafricaine qui se tient en février à Bangui, la capitale de la RCA. Il intervient également comme spécialiste des droits économiques sociaux et culturels pour la formation des institutions et organisations de la société civile africaine.
Le CEJA se réjouit de bénéficier des conseils avisés de Yao Agebtse en tant que membre de son Comité.
Eric Marclay a effectué l’essentiel de sa carrière au sein du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), où il a notamment été Directeur des opérations pour l’Afrique de l’Est et Directeur adjoint des opérations pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, avec de nombreuses missions dans des contextes de crise en Afrique et au Moyen-Orient.
En 2018, il rejoint la Direction du développement et de la coopération (DDC) du DFAE suisse comme Chef de bureau au Soudan du Sud. Il est ensuite responsable de la coopération en Afrique centrale, pilote l’ouverture du Bureau suisse à Bangui en 2022, puis celle du Bureau suisse à Kaboul en 2025. Il est actuellement Chef du Bureau de coopération suisse en Afghanistan.
Titulaire de maîtrises en science politique et en droit international de l’UQAM, il a également suivi des formations postgrades à l’Université de Genève et a été Fellow du Geneva Centre for Security Policy (GCSP) et de la Chaire Raoul-Dandurand à Montréal.
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